Hugh John Barrett – Hommage à ses œuvres surréalistes, réalisme magique et au magique fantastique.

Hugh John Barrett  – Hommage à ses œuvres surréalistes, réalisme magique et au magique fantastique.

Le réalisme magique ou le merveilleux s’invite dans un décor du quotidien tout à fait banal tandis que le magique fantastique mêle rêve, mythe et mystère.

Comme la majorité des artistes à travers les époques, Hugh John Barrett avait lui aussi des maîtres qu’il admirait et qui ont influencé son langage pictural. Outre ses professeurs Arthur Lismer et Goodridge Roberts, qui l’ont profondément marqué, il faut mentionner les enseignants et professeurs du Musée des beaux-arts et de l’École du Meuble de Montréal : Jacques de Tonnancourt, Moe Reinblatt, Louis Archambault et Gentile (Gerry) Tondino qui est aussi erronément connu comme Gérald Tontino.

Il y avait 2 autres peintres québécois qui on jouer un rôle déterminant :

Jean-Philippe Dallaire pour ses mondes fantastiques, folkloriques et de fantaisie.

Jean Paul Riopelle pour ses effets tracer et linéaires sauvagement délicat et structurer en matières sur des surfaces avec des gestuelles intensément chargé!

Chez Barrett, l’influence de Riopelle se manifeste dans ses sous-bois, de plus en plus intenses, vibrants et abstraits.

Celle de Dallaire apparaît dans ses compositions profondément surréalistes et fantastiques.

Trois autres sources nourrissent son imaginaire :

Les arts inuit et cris et le rapport entre les formes organiques et les mondes intérieurs.

Paul Klee avec ses théories sur les couleurs …

Des flirts avec l’art optique et psychédélique …

Ses séjours dans le Grand Nord ont également réveillé en lui une véritable obsession pour la lumière.

!!!!!!!! Note :

Ce petit aperçu permet de libérer Barrett de l’étiquette réductrice de « peintre de paysages » et de révéler la profondeur véritable de son œuvre : celle d’un créateur existentialiste et surréaliste, un chercheur de lumière et de sens dont la vision dépasse largement les frontières du réel.

Photo 1 (Accueil) –  Photographie de l’artiste Canadien Hugh John Barrett en 1974

Photo 2 – Le petit bonheur, vers 1970 – Huile – 123,9 × 184,8 cm (48,75 × 72,75 po)

Œuvre magique fantastique, à la limite du surréalisme.

Les surréalistes américains et sud-américains ont souvent mêlé légendes et folklores autochtones — les masques primitifs les fascinaient.

Chez Barrett, ce sont les légendes québécoises, les influences autochtones et leur art qui nourrissent son univers.

Le sous-bois ou le jardin n’est jamais un décor passif : c’est un espace habité par des forces invisibles, des esprits, une vision animiste du monde où chaque forme végétale ou minérale possède sa propre vie et sa propre lumière intérieure.

Photo 3 – Nature morte surréaliste organique, végétales, minérales entre terre et mer, 1975 – Huile – 152,5 × 182,8 cm (60 × 72 po)

Une œuvre quasi sculpturale et surréaliste.

Les formes amorphes, les influences des rêves oniriques et le dépouillement hérité du cubisme s’y rencontrent.

La vibration générale et l’atmosphère évoque Jean Dallaire et les tapisseries de Jean Lurçat. – Un style moderne, à la fois fantastique, surréaliste et symbolique.

Photo 4 – Alouette en colère – Acrylique, vers 1972-1974 – 127 × 91,5 cm (50 × 36 po)

Surréaliste et symbolique.

Impressionnant, dur et poétique… presque sans mots.

Une œuvre très politique. – Peut-être une référence à la chanson de Félix Leclerc?

L’alouette, symbole traditionnel québécois, n’est plus ici un oiseau printanier joyeux, mais une voix blessée qui crie sa colère face à l’injustice.

Photo 5 – Jardin pour Léocadia, 1971 – Acrylique – 102 × 76,2 cm (40 × 30 po)

Surréaliste, féerique, avec certains détails qui sont un léger flirt avec l’Op Art.

La toile semble traduire visuellement une accumulation presque surréaliste d’éléments de flore, des formes de coupes et de réceptacles imbriqués.

C’est un jardin mental, reconstitué, à la fois poétique et étouffant. La composition est saturée de formes cellulaires, de fruits ouverts et d’éléments végétaux stylisés qui s’entrelacent dans un kaléidoscope vert et rouge.

Le jardin n’est pas réaliste : il évoque une obsession romantique.

On y discerne une rigueur de construction presque cubiste dans la fragmentation des plans, mais traitée avec une fluidité organique unique.

Et peut-être, plus profondément, une révérence à la pièce Léocadia de Jean Anouilh.

Photo 6 – Composition abstraite et symbolique, vers 1967 – Tempera et encre sur papier – 60,9 × 45,7 cm (24 × 18 po)

Des motifs récurrents – structures circulaires, cellulaires ou texturées en nids-d’abeilles — donnent à l’œuvre une vibration proche de l’art optique, l’art qui trompe l’œil.

Pourrait-on l’appeler Bon voyage dans la lune?

Cette œuvre est un chef-d’œuvre d’équilibre entre : le froid, l’abstraction géométrique du paysage nordique, et le chaud, le surréalisme organique et mythologique du disque.

Elle incarne parfaitement ce style intermédiaire unique : le passage d’un symbolisme onirique à une abstraction habitée par l’esprit du territoire québécois et autochtone.

La dualité y règne : miroir de son âme, moteur secret de toute son œuvre.

Chez Barrett, la peinture est un exutoire où les contraires s’affrontent et s’équilibrent pour traduire ses propres tensions intérieures.

Photo 7 – L’été , 1994 – Acrylique – 152,5 × 182,8 cm (60 × 72 po)

Réalisme magique et lumière. – Il renoue ici avec sa véritable peinture, après avoir cédé un temps à un style plus commercial.

Le clair-obscur inspiré du Caravage et de Rembrandt lui parle profondément. La famille et les proches, comme chez Rembrandt, lui servent régulièrement de modèles.

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Le but n’est pas de suggérer qu’il fut un suiveur ou un copiste, mais au contraire de rappeler qu’il a pleinement sa place parmi les grands maîtres. Comme le disait Picasso : « Un mauvais artiste copie ce qu’il voit. Un bon artiste vole ce qu’il voit. »

Barrett, lui, transformait ce qu’il voyait — il l’absorbait, le métamorphosait, et le rendait sien.

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Sources : Archives de la galerie, lettres de Hugh Barrett, Erudit, Archives – Expositions- Vie des arts, Volume 20, Numéro 80, 1975, Pages 69-73 – Theatre des lucemaire,coups d’œil, Maze, IA et nous MI&AdesR (MIAR)

References: Robert 78; Collection numérique d’estampes de la Bibliothèque nationale du Québec; Artistes plasticiens par Comeau; Art Auctions 1976-1978; Dictionary of Canadian Artists, vol. 1, pp. 188-189).

Littératures : Vallée 89; Vallée 93; Boulizon; Robert 83; Roussan 82;


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