Hugh John Barrett est né le 2 mai à Montréal et mort le 29 janvier à Longueuil.
Il est peintre, sculpteur, graphiste et illustrateur Canadien québécois.
En 1950 il s’engage comme apprenti mécanicien à la firme Canadair. Le destin va décider autrement. L’été 1951 le jeune Hugh accompagne son frère Donald, artiste peintre, qui partage une maison avec Goodridge Roberts dans les Laurentides.
Le déclic se fait et en 1951, a seize ans il s’inscrit à l’École du meuble de Montréal. De 1951 à 1954 il fait successivement ses études à l’école du musée des beaux-arts et à l’école des beaux-arts de Montréal puis à The Montréal School of Art and Design avec Arthur Lismer et Goodridge Roberts.
De 1955-1956, il séjourne à Poste-de-la-Baleine, Nouveau-Québec, maintenant le Nunavik.
Durant les étés il parcoure en auto-stop la côte-Nord et la Gaspésie
En 1958 il se marie et se réinstalle dans la région de Montréal. Après avoir étudié la gravure avec Janine Leroux-Guillaume. Il fréquente aussi les cours du soir en dessin d’observation au musée des beaux-arts à Montréal et termine en 1960 avec un brevet d’enseignement en pédagogie et méthodologie artistique à l’École des beaux-arts de Montréal.
Après avoir peint et enseigné dans la région de Montréal, il s’installe au Saguenay. Il enseigne à l’école des beaux-arts de Québec à la section de dessin d’Arvida et dans différentes commissions scolaire de la région. Parallèlement, il participe à la naissance de plusieurs mouvements socio-culturels. De plus en 1963-64 à Chicoutimi et à Arvida il organise des cours d’arts plastiques. Il fonde aussi un atelier libre et un atelier d’expression pour enfants.
En 1966 il revient enseigner à Montréal. Il met sur pied un atelier d’expression à l’hôpital des Laurentides. Il est responsable des cours d’arts plastiques au collège Jean de Brébeuf à Montréal.
1967 il participe en tant qu’illustrateur des poèmes et de nouvelles, a la revue littéraire d’expression anglaise parallel » Il collabore à l’exécution d’une maquette représentant l’ensemble de l’exposition internationale à Montréal.
De 1968-1970 Barrett est conseiller pédagogique de l’atelier libre d’arts plastiques du Mc Gill Art Society – Il donne des cours de technique picturales au Cégep du vieux Montréal
1971-72 Il enseigne à Jonquière au centre culturel et au Cégep et il est professeur de peinture au Triangle artistique de Chicoutimi.
En 1971-72 Le musée des beaux-arts de Montréal acquiert des œuvres graphiques de Barrett
A partir de 1974, Barrett voyage énormément entre Grande-Vallée en Gaspésie où il habite et son atelier à Granby dans les cantons de l’est.
II décide de se consacrer uniquement à sa carrière artistique.
1977 – Il illustre également pour Gilles Vigneault un recueil de poèmes, « À l’encre blanche » et en 1979 un conte pour enfants, « Les quatre saisons de Piquot ».
Il réalise aussi une série d’œuvres de » Land Art » sur l’île d’Anticosti.
Il a tenus plusieurs expositions individuelles
1957-58 – Galerie Agnès Lefort, Montréal
1959-60 – The Montreal Repertory theater
1960 – Comité des arts – L’hôtel de ville d’Alma
1961- Galerie La Grenouille, Chicoutimi
1962 – Galerie d’art Canadien, Chicoutimi
1963 – L’hôtel de Ville d’Arvida
1963 – Centre d’art de Jonquière
1965 – Collège Classique de Jonquière
1966 – Galerie Waddington, Montréal
1968 – Galerie des peintre Canadiens, Montréal
1975 – Centre culturel, Vaudreuil
1975 – Centre d’art du Mont-royal
1975 – Exposition dans son atelier à Granby
1976 – Galerie de l’aquarelle, Chicoutimi
1976 – Galerie Pauline-Johnson, Montréal
1977 – Musée des beaux-arts du Québec, à la galerie du musée
1977 – Galerie Charles Huot, Québec
1977 – Galerie de Beaune, Paris, France
1979 – Musée de Gaspé, Gaspé
1980 – Galerie La Murée, Montréal
1984 –85 Galerie Bernard Desrocher, Le Jardin de Hugh John Barrett à Montréal
1987 – Galerie Bernard Desrocher, Montréal
1996 – Centre National des Arts, Jonquière
Exposition de groupes
1959 – Groupe la relève, Montréal
1959 – Galerie Agnès Lefort, Montréal
1959-60-61- Salon du printemps, musée des Beaux-Arts Montréal
1961- Salon du printemps- Musée provincial du Québec
1964 – Centre d’art de Percé, Percé
1967 – Rétrospective au centre d’art de Jonquière
1975 – Galerie Waddington, Montréal
1970-71-72-73-74-75 – Galerie d’art Canadien, Chicoutimi
1982 – Exposition de Marie-José Beaudoin et Hugh John Barrett : peintres inspirés par l’Acadie, artistes entre deux eaux – La Rochelle, France – Musée des Beaux-Arts
1987-88 – Galerie Christin, Québec
1989 – Galerie Christin, Toronto
Collections publiques
Musée des Beaux-arts, Montréal, Québec
Ville d’Alma, Québec
Commission Scolaire d’Arvida, Québec
Éditions Robert Laffont, Paris, France
Musée d’art moderne de Paris, curateur Suzanne de Conninck, France
Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec
Québécor, Northropp Aviation, château laurier, les villes de Montréal, Ottawa, Grande Vallée, Paris et Los Angeles
Bibliographies, références et littérature (aperçu)
Cormier, Pierre-Paul. » Aux confins de l’imagination « , Le Droit, Ottawa, 2juin 1984, p. 30.
Daigneault, Gilles. » Expositions « , Le Devoir, Montréal, 26 mai 1984, p. 35.
Duquette, Jean-Pierre. » Le jardin de Hugh John Barrett « , Vie des Arts, septembre 1984, p. 63.
O’Leary, Marie-France, » Barrett, alchimiste de la couleur « , Vie des Arts, automne 1970, p. 72.
O’Leary, Marie-France, » Hugh Barrett « , Vie des Arts, automne 1971, p. 27-29.
» Une redécouverte : les toiles de Hugh Barrett au Centre Culturel « , La Voix de l’Est, Granby, Québec, 4 novembre 1975.
» Un peintre québécois de grande réputation expose au Centre Culturel « , L’Étoile de l’Outaouais, Saint-Laurent, Québec, 6 novembre 1975
» Une peinture enivrante dans la force du geste » La Voix de l’Est, Granby, Québec, avril 1975
» Une exposition dont l’on se souvient : Barrett, Durocher, Charland « , Pharillon-Voyageur, Gaspé, Québec, 7 mai 1975
» Une œuvre riche révèle ses mondes … « , Le Réveil, Chicoutimi, Québec, 1er mai 1973
» Hugh John Barrett, un des grands espoirs de la peinture canadienne « , Le Soleil, Québec, Québec, 8 avril 1972.
Marie-José Beaudoin et Hugh John Barrett : peintres inspirés par l’Acadie, artistes entre deux eaux : La Rochelle, Musée des beaux-arts, 21 mai – 25 juillet 1982 -Édition : La Rochelle – Musée des beaux-arts – 1982
L’Art Au Quebec Depuis 1940 par Guy Robert, La Presse, Mtl., 1973, P.170-171
Artistes Plasticiens par André Comeau, Bellarmin, Mtl., 1983, P.24
Le Paysage dans la peinture au Québec par Guy Boulizon, Editions M. Broquet, Laprairie, Que., 1984, P.42, 43
Biographical notes/reproduction of painting, Gal. Bernard Desroches, Mtl., 1984
MMFA Spring Exhibitions 1880-1970 by E. de R. McMann, UTP, Toronto., 1988, P.19
Colin S. MacDonald
A Dictionary of Canadian Artists, volumes 1-8 by Colin S. MacDonald, and volume 9 (online only), by Anne Newlands and Judith Parker
National Gallery of Canada / Musée des beaux-arts du Canada
Sources : Archives Galerie, Wikipédia, Erudit, et autres sources additionnelles Lareau-Law et documents privé
BARRETT, ALCHIMISTE DE LA COULEUR
Chaque printemps, la nature change ses couleurs, les bourgeons à l’attente des rayons de soleil, la terre du Nord dans son réchauffement, odeurs aux parfums marins, les souvenirs se perdent et, d’un an sur l’autre, l’émerveillement de la découverte éblouit l’œil encore aveuglé par la blancheur de son hiver éternel.
Ainsi, je suis devant la peinture de Hugh Barrett, dont les deux dernières expositions (Centre d’Art du Mont-Royal et son atelier de Granby) sont les contes de fées de mon enfance, de cette enfance qui se prolonge entre les dragons, les fées et les voleurs de lune.
Barrett poursuit sa recherche à l’écoute des éléments naturels qui nous encerclent et, à partir d’un simple détail, c’est la planète qui nous est révélée. Il y a la même observation que dans ses tableaux des années passées mais la nature est variée, et selon les saisons nous la regardons différemment. Paysages du Likiang, broderies de Soutchéou, l’ombre chinoise des branches, jardin à Lhassa, cortège de feuilles devenues oiseaux, l’existence de pierres, langage de fleurs sous la neige, souches, clôtures défaites, nous sommes la Gaspésie dans une nature qui se réinvente chaque jour, l’Occident rejoignant l’Orient à travers ses œuvres d’art, prise de conscience à situer à tous les niveaux.
Barrett est un nomade entre la Gaspésie, Grande-Vallée où il a élu domicile, et son atelier de Granby dans les Cantons de l’Est. Pour celui qui vit la présence de la mer quotidiennement, son écoute prend un sens figuré que l’on peut interpréter à chaque galet des grèves de Gaspé-Nord qui constitue une énigme à déchiffrer.
Rien n’est agencé d’une façon arbitraire à qui sait regarder et écouter. Barrett retranscrit la mythologie de l’univers. Si la mer est prioritaire, les arbres le sont aussi, qu’ils soient de Gaspésie, du Lac Saint-Jean, des Cantons de l’Est ou d’ailleurs, ils sont selon leurs positions essentiels à la vie de la planète et Barrett les illustre, figures d’hommes et de femmes dont les couleurs s’entremêlent aux sons des sapins. Son univers n’a pas de frontières comme si le peintre a mission de livrer un code secret à celui qui approche l’œil de sa peinture. Que ce soit l’aube ou le couchant, le soleil filtre ses couleurs entre les arbres d’automne quand l’on remonte le grand ruisseau de l’été du Nord aux ocres vert et or avant la tempête, alors que l’on ne sait pas encore que le quai sera ravagé par la mer et qu’un navire grec échouera dans la baie de Grande-Vallée. Le ciel et la terre demeurent suspendus, tandis que la population regroupée vient en aide aux naufragés: c’est gris, c’est rose, c’est noir.
Autant de tableaux, autant de manuscrits, autant de poèmes illustrés liés aux lois secrètes de la nature qu’il est logiquement difficile d’interpréter car les nuances sont des improvisations constantes, nouvelles selon les heures et les jours.
Barrett me disait l’été dernier: «Je me demande comment je peins des couleurs tellement différentes, puis je regarde dehors, et c’est vraiment cela, les violets, les orangés, les roses …» Couleurs douces, couleurs violentes soumises aux éléments atmosphériques, couleurs d’une fin de terre, de la proximité du pôle, couleurs où l’homme s’initie à l’énergie cosmique, couleurs que Barrett s’est engagé à nous transmettre comme les Cabires, théurges du feu ont transmis leur savoir à la péninsule grecque et à l’Égypte. Paysages d’ici, paysages d’ailleurs, paysages qui sont à devenir source d’inspiration pour chacun à changer sa vision, sa façon d’aborder une nature que nous polluons, complices des dépotoirs de nos rivières et de nos mers. Halte! nous crie Barrett, que la nature ne soit pas demain le spectre de nos rêves mais commençons à la regarder maintenant car, aujourd’hui, où que nous soyons, d’où que nous venions, nous vivons notre mutation à chacun de ses sons.
Article par Marie-France O’LEAR – 1975
Archives – Expositions- Vie des arts, Volume 20, Numéro 80, 1975, Pages 69-73
ERUDIT
http://www.erudit.org/culture/va1081917/va1186399/55081ac.pdf
