HARTUNG, Hans (1904 -1989)

Hans HARTUNG (1904 - 1989) - Photograph of Hans Hartung working in his studio - Antibes, France

HARTUNG, Hans (1904 - 1989)

Biographie

Hans Hartung, né le 21 septembre 1904 à Leipzig, et mort le 7 décembre 1989 à Antibes, est un peintre français d’origine allemande, l’un des plus grands représentants de l’art abstrait et le père du tachisme.

Son grand-père maternel et son père, musicien amateur et peintre autodidacte, sont médecins. Sa vocation est précoce ; Hans Hartung raconte cette expérience faite dès l’âge de six ans : « Sur un de mes cahiers d’école, j’attrapais des éclairs dès qu’ils apparaissaient. Il fallait que j’aie achevé de tracer leurs zigzags sur la page avant que n’éclate le tonnerre. Ainsi, je conjurai la foudre »

De 1912 à 1914, sa famille s’installe à Bâle. L’astronomie et la photographie l’émerveillent : il construit son propre télescope grâce auquel il observe des « fragments du réel » dont l’apparence abstraite anticipe sur ses futures œuvres. Il fréquente ensuite jusqu’en 1924 le lycée de Dresde, se passionnant pour Rembrandt, Goya, Frans Hals, Le Greco, puis les expressionnistes allemands, Oskar Kokoschka, Emil Nolde. Copiant librement certaines œuvres, il en simplifie la composition pour n’en retenir que les masses colorées. Dès 1922, il atteint l’abstraction dans une série d’aquarelles où apparaissent déjà les tracés noirs et les taches colorées et, en 1923-1924, avec des fusains et des sanguines.

En 1924 et 1925, Hartung poursuit des études de lettres classiques, de philosophie et d’histoire de l’art à Leipzig. Il assiste à une conférence de Kandinsky, s’inscrit en 1925 et 1926 à l’Académie des beaux-arts de Dresde où, à l’occasion de l’Exposition internationale, il découvre le parcours de la peinture française, de l’impressionnisme au cubisme.

Durant l’été, il parcourt l’Italie à bicyclette puis arrive à Paris, où il vit jusqu’en 1931. Il effectue deux séjours au Barcarès, près de Perpignan, et voyage en Belgique et Hollande. Il rencontre Anna-Eva Bergman, jeune peintre norvégienne qu’il épouse en septembre 1929. En 1931, après un séjour sur la Côte d’Azur pendant l’hiver, il expose pour la première fois à Dresde, et avec Anna-Eva Bergman l’année suivante à Oslo, travaillant un moment dans une île du sud de la Norvège.

Après la mort de son père et face à la montée du nazisme, Hartung quitte l’Allemagne pour les Baléares, confiant au passage à Paris quelques toiles à la galerie Jeanne Bucher. Il construit une petite maison sur la côte nord de Minorque. Sans argent, il regagne Paris en 1934, passe par Stockholm puis rentre en Allemagne, à Berlin. N’acceptant pas le régime nazi, il parvient à passer en France et s’installe définitivement à Paris. Il s’y lie avec Jean Hélion et Henri Goetz, rencontre Kandinsky, Mondrian, Alberto Magnelli, César Domela, Miró et Calder avec qui il expose.

Entre 1934 et 1938, il peint la série de ses « taches d’encre ». N’ayant pas les moyens de se procurer de quoi dessiner, il s’installe à la terrasse des cafés et commande des cafés-crèmes, ce qui l’autorise à demander aussi aux serveurs de l’encre et du papier. Ses premières œuvres consistent en des tourbillons d’encre noire tracés les yeux fermés, destinés à apaiser son angoisse. Car l’abstraction de sa peinture vient chez lui d’une nécessité intérieure et non d’une recherche théorique ou d’une imitation des tendances historiques de la peinture.

Face à de grandes difficultés matérielles, la maladie de sa femme, leur divorce, le retrait de son passeport par l’ambassade d’Allemagne, Hartung bénéficie de l’hospitalité d’Henri Goetz et travaille dans l’atelier du sculpteur Julio González. En 1939, il s’inscrit sur la liste des volontaires contre l’hitlérisme en cas de guerre et épouse Roberta González, la fille du sculpteur. En septembre 1939, la France est décidée à arrêter et enfermer un certain nombre de ressortissants allemands présents sur le territoire national. Malgré son opposition au régime, Hans Hartung fait partie de ceux qui sont arrêtés. Libéré le 26 décembre, il s’engage dans la Légion étrangère pour la durée de la guerre sous le nom de Jean Gauthier et est envoyé en Afrique du Nord. Présentant peu de goût pour la chose militaire, il est désigné, avec un autre camarade du nom d’Andréas Rosenberg, pour repeindre l’intérieur du réfectoire du quartier militaire de Sidi Bel Abbès. Après la signature de l’armistice, il est démobilisé, quittant l’armée le 8 septembre 1940.

Il se réfugie alors avec la famille González dans le Lot. Après la mort de Julio González en 1942 et l’occupation de l’ensemble de la France, Hartung passe en 1943 en Espagne. Incarcéré, puis placé dans le camp de concentration de Miranda del Ebro durant sept mois, il rejoint l’Afrique du Nord et s’engage à nouveau dans la Légion, sous le nom de Pierre Berton cette fois-ci. Affecté au Régiment de marche de la Légion étrangère comme brancardier, blessé durant l’attaque de Belfort en novembre 1944, il est amputé de la jambe droite à Dijon. De retour à Paris en 1945, où il est aidé par Calder, il est naturalisé français en 1946, décoré de la croix de guerre 1939-1945, de la médaille militaire et de la Légion d’honneur.

Dans les années suivantes, Hartung participe à plusieurs expositions : une première exposition personnelle a lieu à Paris en 1947 à la galerie Lydia Conti qui le révèle au public, et il est remarqué par les critiques. Alain Resnais réalise sur lui un film, intitulé Visite à Hans Hartung, qui est présenté en 1948 en Allemagne et en 1950 à Paris. À partir de 1949, il réalise plusieurs expositions personnelles ou collectives et fait la connaissance de Gérard Schneider, Pierre Soulages, Georges Mathieu, Willi Baumeister et Mark Rothko. Il est alors reconnu comme l’un des chefs de file de l’art informel et un des précurseurs de l’Action Painting. Une rétrospective de son œuvre est présentée dès 1952 au musée de Bâle où il retrouve Anna-Eva Bergman. En 1953, Hans Hartung s’installe à nouveau avec Anna-Eva Bergman, revenue de Norvège, et divorce d’avec Roberta Gonzalez. Il commence à exposer à Paris à la galerie de France de Myriam Prévot et Gildo Caputo et est élu en 1956 membre de l’Académie des arts de Berlin. En 1957, Hartung se remarie avec Anna-Eva Bergman. Multipliant les expositions de ses peintures, gravures et lithographies, il reçoit en 1960 le grand prix international de peinture de la Biennale de Venise. À partir de 1961, le procédé du grattage est à l’origine d’un renouvellement de sa peinture. Il s’invente également de nombreux outils, larges brosses, pistolets et aérographes, balais de genêts, sulfateuses, tuyaux d’arrosage, rouleaux de typographes… et recourt à des matériaux nouveaux comme la peinture vinylique et l’acrylique qui sèche rapidement.

En 1964, Hartung effectue avec Anna-Eva Bergman un voyage en bateau au long de la côte de l’extrême nord de la Norvège et en rapporte des milliers de photographies.

À l’occasion de la publication du catalogue de ses gravures, celles-ci sont dans leur totalité exposées à Brunswick (Basse-Saxe) en 1965. De larges rétrospectifs de son œuvre sont présentées au musée de Turin en 1966, au musée national d’Art moderne de Paris en 1968, puis à Houston, à Québec et à Montréal en 1969, tandis que ses toiles récentes sont exposées à New York. Hans Hartung reçoit le prix d’honneur de la Biennale de gravure de Ljubljana en 1967, le grand prix des Arts de la ville de Paris en 1970. Pour son soixante-dixième anniversaire, le musée de Cologne lui consacre en 1974 une nouvelle rétrospective et la revue Cimaise un numéro spécial. En 1968, Hartung fait construire près d’Antibes une maison et des ateliers dont il conçoit les plans et où il séjourne en permanence à partir de 1972.

D’autres rétrospectives lui sont consacrées en 1975 à Berlin et à Munich, le Metropolitan Museum of Art de New York exposant une trentaine de ses œuvres monumentales. En 1975-1976, André Parinaud organise l’exposition itinérante en France, Trente créateurs, réunissant Pierre Alechinsky, Olivier Debré, Hans Hartung, François Heaulmé, Roberto Matta, Zoran Music, Edouard Pignon et Pierre Soulages. Les Éditions Skira publient Un monde ignoré vu par Hans Hartung, avec des reproductions de ses photographies et des textes de Jean Tardieu.

Hartung est élu en 1977 à l’Académie des beaux-arts et le Centre Pompidou organise une exposition itinérante de ses gravures et lithographies. Un timbre-poste reproduisant l’une de ses peintures est émis en 1980. À cette occasion, le musée de la Poste présente les tapisseries et gravures sur bois de Hartung et d’Anna-Eva Bergman.

Hartung est en 1981 le premier peintre à recevoir le prix Kokoschka créé par le gouvernement autrichien. La même année, la Stâdtische Kunsthalle de Düsseldorf, puis la Staatsgalerie Moderner Kunst de Munich organisent une grande exposition rétrospective ainsi que la Fondation Henie-Onstad en Norvège. Hartung se voit consacrer en 1982 une salle personnelle permanente à la Staatsgalerie Moderner Kunst de Munich. Le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur inaugure en 1983 au musée Picasso d’Antibes une exposition de ses photographies tandis que le Kupferstich-Kabinett der Staatlichen Kunstsammlungen de Dresde expose les soixante et une lithographies et gravures qu’il lui a offertes.

En 1984 est ouverte au Hessisches Landesmuseurn de Darmstadt une salle consacrée à ses peintures, et Hartung reçoit la croix de grand officier de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne. En 1989, il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur2. Dans les dernières années de sa vie, Hartung va peindre au pistolet à peinture, ce qui lui permit de faire plus trois cents toiles l’année de sa mort, en 1989.

Anna-Eva Bergman meurt le 24 juillet 1987, Hans Hartung, épuisé, malade, diminué par l’âge et l’infirmité, s’éteint le 7 décembre 1989 à Antibes.

Selon sa volonté, ses cendres sont dispersées dans la Méditerranée. Son ultime message tient dans cette formule qui rejoint celle d’André Malraux : « L’art me paraît être un moyen de vaincre la mort.

Hans Hartung et Anna-Eva Bergman font partie des peintres réunis pour l’exposition L’envolée lyrique, Paris 1945-1956 présentée au musée du Luxembourg (Sénat) en avril-août 2006.

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